dimanche 31 mai 2026 - 22:33
Pourquoi devons-nous nous souvenir de la mort ?

Hawzah / Lorsque ce monde devient méprisable et nulle aux yeux de l’homme, son regard se tourne vers l’au-delà ; et c’est peut-être précisément là que commence l’adoration véritable.

(A.P.Hawzah) L’un des moyens d’établir l’équilibre dans la vie de l’être humain est le souvenir de la mort.

L’Amīr al-Mu’minīn, l'Imam Ali (que la paix soit sur Lui) dit à ce sujet dans le sermon 99 du Nahj al-Balāghah, le livre compilé par Sayyid Radhī à partir des paroles de l’Imam Ali :

أَلَا فَاذْکُرُوا هَاذِمَ اللَّذَّاتِ وَ مُنَغِّصَ الشَّهَوَاتِ وَ قَاطِعَ الْأُمْنِیَاتِ.

Sachez ! Souvenez-vous de la mort, car elle détruit les plaisirs, brise les passions et met fin aux espérances.

L’être humain, tout au long de sa vie, est rempli d’espérances et de plaisirs.

L’homme n’a pas été empêché d’avoir des espérances ni de profiter des plaisirs de ce monde. Ce qui lui est interdit, en revanche, c’est que ces plaisirs et ces espérances le détournent de la voie divine. C’est pourquoi il a besoin de quelque chose qui crée en lui un équilibre, aussi bien dans les moments de joie que dans les épreuves, afin que rien ne l’éloigne de Dieu.

L’un des meilleurs moyens évoqués dans les enseignements islamiques pour atteindre cet équilibre est la certitude et la conscience de la mort.

Si tu es riche et comblé, le souvenir de la mort détruit en toi le sentiment d’autosuffisance ; tu réalises alors que tout appartient à Dieu, et ta richesse s’oriente vers les voies voulues par Lui. Et si tu es pauvre, le souvenir de la mort ne te laisse pas envier les biens des riches. Comme il est rapporté dans le livre Tanbīh al-Khawāṭir wa Nuz'hat al-Nawāẓir, volume. 1, page. 269, d’après le Noble Messager de Dieu (que la paix et le salut de Dieu soient sur Lui et sur Sa Famille immaculée) :

فإن ذَکَرتُموهُ عِندَ الغِنی هَدَمَهُ، و إن ذَکَرتُموهُ عِندَ الفَقرِ أرضاکُم بعَیشِکُم.

Lorsque tu te souviens de la mort dans l’aisance, elle trouble ton sentiment de confort ; et lorsque tu t’en souviens dans la pauvreté, elle te rend satisfait de ta vie.

Si l’homme est convaincu qu’un jour la mort le séparera de ses proches, il ne cherchera jamais à satisfaire les créatures au prix du mécontentement de Dieu.

S’il croit réellement qu’un jour la mort le séparera des plaisirs et des convoitises de ce monde, alors il apprendra à gérer tous ces plaisirs dans le cadre de la volonté divine.

Et s’il a la certitude qu’un jour la mort mettra fin à toutes ses espérances, alors son unique espérance deviendra l’agrément de Dieu.

En réalité, beaucoup des difficultés spirituelles de l’être humain proviennent de sa manière de voir le monde et les affaires matérielles. Parmi les choses qui peuvent réorienter ce regard, il y a précisément le souvenir de la mort.

Comme il est rapporté dans le volume 6, page 133 du Biḥār al-Anwār — l’une des plus importantes sources des hadiths chiites — l’Imam Sadiq (que la paix soit sur Lui) a dit :

ذِکْرُ الْمَوتِ ... یُحَقِّرُ الدُّنْیا.

Le souvenir de la mort ... humilie le monde.

Lorsque ce monde devient insignifiant aux yeux de l’homme, son regard se tourne vers l’au-delà ; et c’est peut-être précisément là que commence la véritable servitude envers Dieu. Tant que ce monde paraît grand et essentiel aux yeux de l’homme, il lui est impossible d’emprunter sincèrement la voie de l’adoration divine.

Comme il est rapporté dans le sermon des pieux (Khuṭbat al-Muttaqīn) du Nahj al-Balāghah, où l’Amīr al-Mu’minīn, l'Imam Ali (que la paix soit sur Lui) décrit les pieux :

عَظُمَ الْخَالِقُ فِی أَنْفُسِهِمْ فَصَغُرَ مَا دُونَهُ فِی أَعْیُنِهِمْ.

Le Créateur est magnifié dans leur âme et leur esprit ; c’est pourquoi tout autre que Lui devient petit à leurs yeux.

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